Pour un usage résidentiel, il existe principalement trois types de piscines : hors terre, semi-creusées (ou semi hors-terre) et creusées. Les piscines creusées sont généralement plus à risque de s’endommager que les deux autres types, car plusieurs facteurs peuvent contribuer à leur détérioration. Plus précisément, elles sont vulnérables notamment en raison du type de sol environnant et de la présence d’eau souterraine.
Voici les principaux types de défaillances pouvant survenir dans une piscine résidentielle.
Causes liées à l’activité humaine :
- Entretien inadéquat ;
- Drainage absent ou inefficace ;
- Objet laissé dans la piscine ;
- Produits de traitement inappropriés.
Causes liées aux mouvements du sol, de l’eau ou aux cycles de gel et de dégel :
- Poussée ou mouvement de glace dans la piscine ;
- Poussée causée par le gel à l’extérieur de la piscine ;
- Mouvement de sol autre que le gel ;
- Soulèvement de la piscine (niveau de l’eau est trop abaissé avant l’hiver) ;
- Pression hydrostatique ;
- Glissement de terrain.
Causes de détériorations physiques ou matérielles :
- Défaut de fabrication ;
- Installation inadéquate ;
- Aménagement paysager mal conçu ;
- Perforation ou déchirure de la toile ;
- Corrosion des parois ou des fixations ;
- Déformations des parois ;
- Fuite d’eau ;
- Osmose.
Voici une figure qui illustre certaines de ces défaillances sur une piscine creusée :
Comme on peut le constater à partir de la liste précédente, plusieurs types de défaillances doivent être pris en compte selon les circonstances, le type de piscine et la structure de la piscine. Certaines structures de piscines sont plus susceptibles que d’autres de subir des défaillances particulières. Par exemple, au printemps, lorsque le niveau d’eau souterraine est plus élevé que celui de l’eau à l’intérieur de la piscine, une piscine creusée monocoque en fibre de verre est plus susceptible de se soulever qu’une piscine en béton. Cela s’explique par la légèreté relative de la coque en fibre de verre, qui est moins dense et plus mince que le béton, et donc plus vulnérable à la poussée hydrostatique lorsque le niveau de l’eau dans la piscine est trop bas pour contrebalancer la pression exercée par l’eau souterraine.
Exemple de défaillance – Piscine creusée
Prenons le cas d’une piscine creusée avec des parois en acier ou en composite et un fond en béton. Lorsque ce type d’installation approche de la fin de sa vie utile, certains signes de défaillance peuvent apparaître.
Par exemple, lors de l’ouverture au printemps, on pourrait observer des bombements, ou déformations, dans les parties inférieures des parois. Ces déformations peuvent toucher plusieurs sections de la piscine. On remarquerait alors que le trottoir l’entourant se serait affaissé à divers endroits.
Face à une telle situation, en l’absence de drain de fond ou de puits d’assèchement, donc en présence d’un drainage inefficace, on pourrait d’abord supposer qu’il s’agit d’une poussée due au gel durant l’hiver. Toutefois, même si l’hiver a été particulièrement rigoureux, il est peu probable que le gel ait atteint seulement les zones profondes où se trouvent les déformations observées. Or, le gel affecte d’abord les parties peu profondes de la piscine, ce qui entraînerait plutôt une déformation des parois supérieures et ne correspond donc pas à notre cas.
Une explication plus plausible, dans un contexte de vieillissement de la piscine, serait la corrosion ou des contraintes progressives sur les ancrages ou les supports des panneaux retenant les parois. La rupture d’un ancrage, par exemple, pourrait permettre au remblai, composé de pierre nette, d’exercer une poussée sur toute la hauteur de la paroi qui n’est plus retenu, la déformant vers l’intérieur dans sa partie inférieure. Cette déformation initiale pourrait ensuite entraîner un affaissement du trottoir qui l’entoure. En outre, la défaillance d’un ancrage accroît la charge sur les ancrages voisins, accélérant ainsi un effet en cascade de ruptures successives et de déformations des parois de la piscine.
Une excavation ciblée près de la bordure permet habituellement de confirmer cette hypothèse. Étant donné l’âge de la piscine, qui approche la fin de sa vie utile, ce scénario est plus probable qu’une erreur de conception ou qu’une installation inadéquate. Dans ces derniers cas, les signes de faiblesse seraient apparus bien plus tôt, voir peu après l’installation.
Exemple de défaillance – Piscine hors terre
Dans le cas d’une piscine hors terre, un scénario typique de défaillance peut être illustré par la déformation d’un panneau causée par un affaissement du sol sous les supports. Ces structures reposent souvent sur un lit de sable ou de poussière de roche. Si ce lit n’a pas été correctement nivelé, compacté ou protégé contre l’érosion, une perte de portance locale peut survenir au fil du temps.
Or, une fois l’affaissement amorcé, les pressions de l’eau, soit les charges hydrostatiques, ne sont plus réparties uniformément à l’intérieur de la piscine. La paroi affectée subit alors une pression supplémentaire, ou surcharge localisée, ce qui provoque une déformation progressive menant éventuellement à une rupture. Cette rupture peut entraîner la déchirure de la toile, suivie d’un relâchement soudain du volume d’eau et de dommages aux aménagements environnants.
La stabilité à long terme d’une piscine hors terre repose sur plusieurs facteurs : la qualité du compactage initial, l’uniformité du support, l’efficacité du drainage pour limiter l’érosion et la saturation du sol, ainsi que l’intégrité des connexions mécaniques (rails, poteaux, ancrages, etc). Une inspection périodique permet de repérer des signes avant-coureurs comme des déplacements, des courbures ou des tassements localisés des parois de la piscine.
Normes et bonnes pratiques
En ce qui concerne les normes, il existe des normes américaines qui encadrent la fabrication des piscines et de leurs composantes, notamment en matière de sécurité ainsi que d'installation dans le sol pour les piscines creusées et sur le sol pour les hors-terres. Il est également question de bonnes pratiques d’installation, en respectant les recommandations des fabricants. On peut aussi se référer au Code national de la plomberie (CNP) ainsi qu’aux règlements municipaux encadrant la sécurité des piscines résidentielles.
Diagnostic par élimination
Lorsqu’on dispose de peu d’informations sur une piscine, notamment lorsque le propriétaire a acquis une propriété où la piscine était déjà installée, la cause de la défaillance est souvent identifiée par un processus d’élimination. Ainsi, en excluant certaines causes et certains types de défaillance, il devient plus simple de déterminer la ou les causes probables du sinistre.
Prenons, à titre d’exemple, le cas d’une piscine creusée avec des parois en acier galvanisé. La piscine, dont l’âge exact était inconnu, avait toutefois fait l’objet de travaux de rénovation environ cinq ans auparavant, incluant le remplacement des parois, de la toile et des ancrages de retenue.
À la suite de l’hiver, une rupture de la toile a été observée. Lors de l’examen visuel, plusieurs indices ont permis d’orienter le diagnostic. Une inclinaison vers l’intérieur de certains panneaux de la paroi était visible, accompagnée d’un détachement du rail supportant la toile aux jonctions entre les panneaux d’acier. L’écumoire présentait également un désalignement par rapport au trottoir, indiquant un déplacement de la structure. De plus, un poinçonnement de la toile a été relevé, précisément aligné avec un joint entre deux panneaux. La zone montrait une poncture déjà rapiécée, ce qui suggérait que des dommages antérieurs avaient été constatés et réparés avant l’examen.
Derrière la réparation, on constate que le bris de la toile de la piscine avait été causé par le poinçonnement des boulons assurant le maintien des parois. La question suivante se pose alors : qu’est-ce qui a causé le détachement des boulons et l’inclinaison des parois?
En procédant par élimination, certaines hypothèses ont pu être écartées. Il n’y avait pas de signes de poussée hydrostatique ni d’effondrement des parois. De même, aucun mouvement de sol généralisé n’a été observé. La défaillance semble plutôt liée à une cause ou une combinaison de causes de dommages progressifs : une corrosion possible des fixations, une installation inadéquate des boulons ou une poussée exercée par le gel dans le sol derrière les parois. Bien que la rupture de la toile soit survenue de manière soudaine, les dommages sous-jacents s’étaient développés au fil du temps.
Conclusion
Dans un tel cas, une inspection lors du retrait de la piscine permettrait de déterminer si la cause première est attribuable à la corrosion, au gel ou à une installation inadéquate. Il s’agit d’un exemple typique où plusieurs facteurs conjugués mènent à une défaillance et où le diagnostic repose sur l’exclusion méthodique des autres scénarios possibles.
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